Management des Hommes et des Organisations

« L’exclusion professionnelle : Impacts sur l’homme et l’entreprise » Synthèse de l’intervention du Pr. Fasla El Hadi au café RH. Alger le 21 Mai 2025

L’exclusion professionnelle est sans doute, aujourd’hui, l’un des problèmes les plus sous-estimés de la vie organisationnelle. On la réduit trop souvent aux formes visibles de discrimination, alors qu’elle se joue surtout dans les détails : un critère d’âge qui pèse sur une promotion, une origine qui ferme certaines portes, une apparence physique qui influence — sans qu’on l’admette vraiment — la façon dont on perçoit la compétence de quelqu’un. Et quand plusieurs de ces critères se cumulent chez une même personne, le phénomène devient particulièrement difficile à repérer, et plus encore à corriger.

Sur le plan organisationnel, le coût est loin d’être anecdotique. Une étude de la DARES, menée en France en 2021, évaluait la perte de productivité liée à ces situations à environ 13 000 euros par salarié concerné — un chiffre qui, à l’échelle d’un service ou d’une équipe, devient vite considérable. Mais au-delà du chiffre, c’est tout le climat interne qui s’en trouve dégradé : l’engagement diminue, le turnover s’accélère, et l’on perd, sans toujours s’en rendre compte, une partie de la capacité d’innovation de l’entreprise — celle qui vient justement de la diversité des points de vue.

C’est cependant sur les personnes elles-mêmes que les conséquences sont les plus lourdes. Plusieurs travaux, notamment ceux de l’EU-OSHA (2020) et de Gallup (2021), montrent que les personnes exposées à l’exclusion présentent un risque de stress, d’anxiété ou de dépression deux fois plus élevé que la moyenne. À cela s’ajoutent des effets sur la santé physique, une perte de confiance en soi, et parfois un absentéisme qui s’installe durablement. Un phénomène mérite une attention particulière : l’auto-exclusion, ce moment où la personne, par résignation ou par manque de confiance, finit par se mettre elle-même à l’écart — un signal d’alerte qu’il ne faut pas négliger.

Face à cela, des réponses existent, à condition de les mettre en place sérieusement : des indicateurs RH capables de détecter ces situations, un plan d’action réellement inclusif, et une charte éthique qui ne reste pas un document de façade mais qui place, concrètement, la dignité du travailleur au centre de la stratégie de l’entreprise.

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